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Born in 1979, I live and work in Brussels. I studied theatre (graduating in 2004) and did some visual and experimental theatre in Belgium. I’m working with my body in performance and video since 2006.

 

I am using my body, objects and space to explore the relationships between them. I am investigating physical relationships (for example by finding which part of my body fits or fills a hole in an object or vice versa…) and poetical relationships, by creating strange images or actions which stimulate the imagination.

I am interested in the properties of a material (and of the material of my body), is it soft or breakable? Does it flow?… I like to play with these properties.

I like to play with a room or a place.

I like to create strange images (or actions) with everyday life objects.

I like to change the image of my body, to play with my identity (from woman to man, from beautiful to ugly…)

 

Showing my strangeness is showing me like I am.

I want to pass on the pleasure of “letting the soul swim” (“laisser nager son âme”, Michaux), to let the imagination go with a poetical image.

 

contact : alicedevisscher@hotmail.com

 

Ma démarche

 

Je cherche par la performance et la vidéo-performance à explorer le rapport entre mon corps (ou des parties de mon corps) et certains objets ou matières. Comme un enfant, j’explore la sensation, j’aime la surprise, le déguisement. Je transforme mon corps, j’en cache ou prolonge, ajoute ou remplace des parties.

Je travaille notamment sur ce qui sort (ou coule) du corps (sang, morve…) et son évocation par des matières non-organiques, ou sur  l’image qu’on a du corps et qu’on traduit par exemple par certaines expressions verbales (des seins comme des gants de toilette…).

Je suis intéressée à la fois par les propriétés physiques de mon corps ou d’un objet (ça coule, ça plisse, ça se gonfle…) et par le pouvoir d’évocation de certaines associations, de certaines relations entre mon corps et un objet.  Je cherche à déclencher l’imaginaire par l’association étrange d’éléments connus voire quotidiens.

J’utilise aussi le rythme pour déclencher l’imaginaire, par la lenteur et la surprise. Souvent je laisse le spectateur s’habituer à une image, ensuite je crée un  événement (un changement) dans cette image et enfin, je laisse résonner l’événement. 

J’utilise la nudité car pour faire parler le corps, il faut le montrer et si un dialogue s’établit entre mon corps et un objet, le vêtement devient un troisième protagoniste.

Même à travers le support vidéo, je tiens à ce que le corps reste celui d’une personne concrète et présente, c’est pourquoi je filme mon regard, ma respiration et j’évite toute transformation technique de l’image.

 

Pourquoi cette démarche ?

 

Le moteur de cette démarche est le plaisir de me retrouver calme et seule, de me laisser « rêvasser », chipoter avec mon corps et un objet pour en laisser émerger une image qui me plaît. Ca me permet de me retrouver, de cultiver mes bizarreries intimes, celles que je ne montre pas dans la vie.

Montrer ces images, c’est exister telle que je suis. C’est peut-être aussi transmettre le plaisir de laisser « nager son âme » (comme dirait Michaux) et de se permettre d’être soi-même. Enfin, c’est attirer l’attention sur les petits événements qu’on ne voit plus.

 

La partager :

 

J’ai besoin de partager ce travail expérimental effectué « en chambre » avec un public, de le confronter au corps et à l’imaginaire du public.

 

Je tiens à ne pas mettre des mots (ou le moins possible) sur mon travail, à ne pas dire ce que telle ou telle image évoque pour moi. Je souhaite que le spectateur ne sente pas d’attentes quant à la compréhension du travail et qu’il puisse soit s’amuser de l’étrangeté des images soit laisser courir son imaginaire à partir de celles-ci.

 

Je peux partager ce travail :

-          sous forme d’installation vidéo (habiter un espace avec une/des projections vidéo),

-           sous forme de performance (effectuer en direct des actions issues de mon univers, seule ou à plusieurs)

-          sous forme de photos parfois issues de mes vidéos.

 

Origine du projet, du théâtre vers les arts plastiques

 

            Adolescente, j’étais fascinée par le jeu masqué, par le potentiel expressif d’une forme. J’ai commencé à construire des masques et je suis allée suivre deux stages autour de la commedia dell’arte en Italie (chez D. Sartori et A. Fava).  De 2001 à 2004, j’ai suivi la formation à « De Kleine Academie » (école de théâtre, Bruxelles) où nous avons notamment travaillé sur la dynamique des formes, matières, couleurs, en quoi elles pouvaient nourrir le jeu théâtral.

            J’ai ensuite commencé à explorer le théâtre d’objets en donnant des ateliers à des jeunes enfants et à des futures puéricultrices et en créant des spectacles. Je travaillais sur le rapport entre la forme, couleur, matière d’un objet et la manière de le manipuler (sa voix, son rythme, ses mouvements…) Je me suis petit à petit tournée vers le pouvoir d’évocation de l’usage insolite d’objets et la transformation de mon corps par les objets.

J’ai créé deux solos de théâtre d’objets pour le circuit des spectacles pour enfants. Je racontais des histoires fragmentaires en faisant vivre des objets ou en transformant mon corps. Les spectateurs adultes soit se demandaient ce que je voulais leur faire comprendre soit me reprochaient de transmettre aux enfants des messages immoraux à leurs yeux. Or je ne cherchais ni la morale ni la cohérence, je voulais juste que le spectateur puisse librement faire des associations entre des bribes d’histoires qui me touchaient.

J’ai décidé de changer de circuit de diffusion et d’enlever le texte pour éviter tout malentendu. Je répétais régulièrement seule en me filmant. J’ai eu envie d’utiliser la vidéo comme media (et non plus comme outil pour perfectionner un travail théâtral) pour diverses raisons. La vidéo me permet de profiter de la spontanéité d’un moment. Grâce à elle, je peux prendre de la distance par rapport à mon travail et le construire de manière autonome (ce qui était difficile au théâtre). Filmer me permet également de me constituer une « bibliothèque » d’idées que je peux réutiliser en installation, en performances. J’ai découvert le plaisir de surprendre par le cadrage (on ne devine pas l’échelle) et par le montage (on ne voit pas la préparation d’une action). 

Le second spectacle de théâtre d’objets était inspiré  d’images d’Erwin Wurm et de textes d’Henri Michaux (La nuit remue, Qui je fus ?, La vie dans les plis…). Ces deux artistes continuent de nourrir mon travail.

 

Contact : alicedevisscher@hotmail.com


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